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Archive pour janvier 2008

Cugel l’astucieux, la nouvelle inédite!

Jeudi 31 janvier 2008

Je vous confiais, dans l’article précédent, que la version française du roman ne comportait pas toutes les nouvelles. Voici donc celle qu’il manque nommée « Cil ». J’espère que votre lecture sera agréable.

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Lugubre et languissante, la nuit s’avançait sur les terres en friche du septentrion comme le sang qui s’écoule d’un animal à l’agonie. Le crépuscule surprit Cugel alors qu’il traversait péniblement un marais salant. Dans la sombre lumière rouge de l’aprês-midi, il s’était égaré, il avait d’abord gravi une pente douce, puis rencontré un sol humide avant de s’enfoncer dans un terrain spongieux. Maintenant, il voyait partout de la boue et des marécages, avec quelques mélèzes et saules, des flaques et des bourbiers qui reflétaient le pourpre intense du ciel.
Vers l’est se profilaient des collines basses : Cugel s’avançait vers elles, sautant d’une motte d’herbe à l’autre, en évitant soigneusement la vase séchée en surface. Il lui arrivait de perdre l’équilibre et il s’étalait dans la boue et les roseaux pourrissants. C’est alors que ses menaces et malédictions contre Iucounu, le Magicien Rieur, atteignaient leur paroxysme.
Le crépuscule se prolongea jusqu’à ce que, titubant de fatigue, il arrivât au pied des collines orientales où sa marche devint encore plus épuisante. Des brigands mi-hommes mi-bêtes l’avaient vu venir et le prirent en chasse.
Une odeur infecte envahit les narines de Cugel avant même qu’il n’entende le bruit de leurs pas, oubliant sa fatigue, il se lança dans la pente, les brigands sur ses talons.
Une tour en ruines se détachait dans le ciel. Cugel escalada avec difficulté quelques pierres qui s’effritaient sous son poids, dégaina son épée et s’engouffra dans la brêche où jadis se trouvait la porte. A l’intérieur, régnait un silence total ainsi qu’une odeur de poussière et de pierre moisie. Cugel tomba à genoux et vit se découper sur le ciel trois silhouettes grotesques qui s’arrêtèrent près des ruines. Etrange et réconfortant, pensa Cugel, même si cela ne présageait rien de bon. Les créatures semblaient craindre la tour.
La dernière lueur du crépuscule s’évanouit. Alarmé par divers indices, Cugel réalisa que la tour était hantée. Vers le milieu de la nuit, un fantôme apparut, vêtu de voiles aux teintes blafardes et coiffé d’un serre-tête en argent qui soutenait vingt pierres de lune montées sur des tiges argentées. Il s’approcha en tournoyant de Cugel, le fixant de ses orbites béantes, au fond desquelles un homme aurait perdu son âme. Reculant, contre le mur, Cugel s’y plaqua à s’en faire craquer les os : il ne pouvait plus bouger.
Le fantôme prononça ces mots :
- Détruit ce fort. Aussi longtemps que la pierre reste accolée à la pierre, jc dois demeurer en ces lieux, même si la terre se refroidit et s’enfonce dans les ténèbres.
- Ce serait de bon coeur, prononça Cugel d’une voix rauque, s’il n’y avait dehors des créatures qui en veulent à ma vie.
- Il existe un passage au fond de la grande salle. Montre-toi rusé et fort, puis exécute mon ordre.
- C’est comme si le fort était déjà rasé, déclara Cugel avec ferveur. Mais pourquoi hanter ces lieux avec une telle constance.
- Les raisons sont oubliées, moi, je demeure. Accomplis la mission que je t’ai confiée, sinon je te maudis d’une langueur éternelle comme celle qui m’afflige.
Cugel s’éveilla dans le noir, endolori par le froid et les crampes.
Le fantôme s’était évanoui, combien de temps Cugel avait-il dormi ? II regarda par l’embrasure de la porte le ciel d’orient teinté de lueurs annonçant l’aube prochaine.
Après une attente interminable, le soleil darda un premier rayon flamboyant qui pénétra jusqu’au fond de la salle. Là, Cugel découvrit un escalier en pierre menant a une galerie empoussiérée, qui, après cinq minutes d’une progression pénible et tâtonnante, le fit remonter en surface. D’une cachette il inspecta les alentours et vit les trois bandits, qui s’étaient séparés, tapis derrière des colonnes renversées.
Cugel dégaina son épée et, avec une prudence extrême, s’avança à pas de loup. Il atteignit la première silhouette accroupie et enfonça le fer dans son cou rugueux. La créature écarta brutalement les bras, se traîna sur le sol et expira.
Cugel arracha sa lame et l’essuya sur le cuir du cadavre. Avec adresse et aisance, il s’approcha discrètement du second brigand qui poussa un cri de douleur en mourant. Le troisième accourut pour voir ce qui se passait.
Bondissant hors de sa cachette, Cugel le transperça d’un coup d’épée. Le brigand hurla, sortit son poignard et se rua en avant, mais Cugel recula d’un bond et lui jeta une lourde pierre qui le terrassa. Il gisait là, son visage convulsé par la haine.
Cugel s’avança prudemment :
- Maintenant que ton heure a sonné, dis-moi si tu connais quelques trésors cachés.
- Non, répondit le brigand. Quand bien même j’en connaîtrais un, tu serais bien le dernier à le savoir car tu viens de me tuer.
- Je n’y suis pour rien, répliqua Cugel. C’est vous qui m’avez poursuivi et non l’inverse. Pourquoi avoir agi ainsi ?
- Pour manger, pour survivre, même si la vie et la mort sont aussi ingrates l’une que l’autre et si je les méprise toutes les deux. Cugel réfléchit – Dans ce cas, tu ne dois pas m’en vouloir de t’avoir mis dans cet état. Dés lors, ma question sur les trésors cachés devient pertinente. Peut-être as-tu une dernière chose à me dire là dessus ?
- Une dernière chose, en effet. Je te montre mon unique trésor.
La créature tâtonna dans sa bourse pour en sortir un galet blanc tout rond.
- Voici la pierre crânienne d’une épouve. En ce moment même, elle tremble avec force. J’use de cette force pour te maudire, pour que tu subisses une mort rapide causée par un chancre dévorant.
Cugel s’empressa de tuer le brigand et poussa un soupir de lassitude. La nuit ne lui avait apporté que des problèmes.
- lucounu, en vérité, si je survis, Justice sera faite !
Cugel se retourna pour examiner le fort. Il lui aurait suffi d’effleurer certaines pierres pour les faire tomber, mais d’autres demanderaient un effort bien plus soutenu. Il pouvait très bien ne pas vivre assez longtemps pour accomplir sa tâche. En quels termes exacts le brigand avait-il lancé sa malédiction ? « une mort rapide causée par un chancre dévorant » . De la méchanceté à l’état pur. La malédiction du Roi fantôme n’était pas moins accablante : comment l’avait-il formulé ? Ah oui ! « Eternelle langueur ».
Cugel se frotta le menton et hocha la tête, l’air grave. Il haussa la voix :
- Sire fantôme, il m’est impossible de rester pour exécuter votre ordre. J’ai tué les brigands, à présent je me retire. Adieu et que l’éternité ne vous semble pas trop longue !
Un gémissement s’éleva des profondeurs du fort. Cugel sentit peser sur lui la menace de l’inconnu.
- J’active ma malédiction entendit-il murmurer à son oreille.
Cugel s’enfuit a toutes jambes vers le sud-est.
- Parfait , tout va bien. « L’éternelle langueur » s’oppose exactement à « la mort rapide ». Reste le « chancre dévorant », qui, en la personne de Firx, m’accable déjà. Il faut faire preuve d’astuce face aux malédictions.
Il traversa la lande Jusqu’à ce que le fort ait disparu et se retrouva face à la mer. Surplombant le rivage, il scruta la plage de bout en bout, et aperçut un cap noir à l’est, un autre à l’ouest. Il descendit sur la grève et marcha vers l’est. La mer, sombre et morne, projetait son écume douceâtre sur le sable lisse et vierge d’empreintes.
Plus loin, Cugel aperçut une petite tâche noire. Il distingua bientôt un vieil homme qui, à genoux, passait au tamis le sable de la plage. Cugel s’arrêta pour regarder. Le vieillard le salua d’un geste digne et poursuivit son travail. Cugel, poussé par la curiosité, lui demanda enfin :
- Que cherchez-vous avec tant de soin ?
Le vieillard posa son tamis et se frotta les bras :
- Quelque part sur cette plage, le père de mon arrière-grand-père perdit une amulette. Toute sa vie durant, il fouilla le sable dans l’espoir de retrouver ce qu’il avait perdu. Son fils, et après lui mon grand-père puis mon père et maintenant moi-même qui suis le dernier de la lignée, avons fait de même. Nous avons tamisé le sable sur toute la distance depuis Cil, mais six lieues nous séparent encore de Benbadge Stull.
- Ces noms ne me disent rien, dit Cugel. Où ne trouve Bendage Stull ?
Le vieillard montra du doigt le cap situé à l’ouest.
- Dans les temps anciens, c’était un port, bien qu’il n’en reste aujourd’hui qu’une digue délabrée, un vieil embarcadère et une ou deux cabanes. Mais autrefois, des trois-mats embarquaient à Bendage Stull pour Falgunto et Mell.
- Encore des régions qui me sont inconnues, dit Cugel. Que trouve-t-on au-delà de Bendage Stull ?
- Vers le nord, la terre rétrécit. Le ciel est bas sur les tourbières et les marécages.II n’y vit personne sinon quelques exilés abandonnés.
Cugel tourna son regard vers l’est.
- Et où se trouve Cil ?
- Cil, ce sont toutes ces terres que mon ancêtre a dû concéder à la famille Domber. L’antique splendeur a disparu , il reste le vieux palais et le village. Au-delà, le pays se transforme en une forêt sombre et menaçante, tant notre royaume s’est affaibli.
Le vieillard hocha la tête et reprit son tamis. Cugel resta encore un moment à regarder et d’un coup de pied nonchalant, découvrit l’éclat d’une pièce de métal. Il se pencha pour ramasser un bracelet de métal noir aux reflets pourpres Le pourtour était incrusté de trente clous en forme d’escarboucles, sur lesquelles étaient gravées des runes.
- Ah ! s’exclama Cugel, le bracelet à la main. Admirez cet objet finement travaillé un véritable trésor !
- Vous avez découvert l’amulette de la Famille des Slaye, mes ancêtres ! Donnez -la moi !
Cugel recula.
- Allons, allons, vous formulez là une bien présomptueuse requête !
- Mais non, cette amulette m’appartient ; vous avez tort de vouloir la garder. Voulez-vous anéantir le travail de toute ma vie et de quatre autres vies avant moi ?
- Pourquoi ne pas vous réjouir à l’idée que l’amulette soit retrouvée demanda Cugel d’un ton hargneux. Vous êtes désormais soulagé de votre tache. Expliquez moi, voulez-vous, les pouvoirs de cette amulette. Une magie intense en émane. Comment son possesseur l’utilise-t-il ?
- Mais c’est moi qui en suis le propriétaire, grogna le vieillard. Je vous en supplie, soyez généreux !
- Vous me mettez dans l’embarras, dit Cugel mon bien est trop modeste pour me permettre des largesses, mais je ne considère pas cela comme un manque de générosite. Si vous aviez trouvé l’amulette, me l’auriez-vous donnée ?
- Non, bien sûr puisque c’est la mienne !
- Sur ce point, nos opinions divergent. Admettez, s’il vous plait, que la vôtre n’est pas fondée. Vous voyez bien que l’amulette est entre mes mains, sous mon contrôle, bref, qu’elle m’appartient. Par conséquent, je vous saurais gré de me renseigner sur ses pouvoirs et son utilisation Le vieillard leva les bras au ciel et projeta son tamis d’un coup de pied si violent que la maille se déchira et que l’objet dévala la plage jusqu’au bord de l’eau. Une vague l’emporta et le maintint à la surface. Le vieillard eut un geste instinctif pour le récupérer. Une fois encore, il leva les bras au ciel, avant de remonter la plage d’un pas chancelant.
Cugel secoua la tête en signe de totale désapprobation et reprit sa marche vers l’est, le long du rivage. Survint alors une fâcheuse altercation avec Firx, persuadé que pour retourner en Almcry, le chemin le plus rapide était d’aller vers l’ouest en passant par le port de Benbadge Stull.
Cugel pressa ses mains sur son ventre douloureux.
- Il n’y a qu’une route possible, par les terres qui s’étendent au sud et à l’est. Qu’importe si l’océan offre une voie plus directe ? Il n’y a pas de bateau disponible et on ne peut couvrir à la nage une si grande distance !
Firx se manifesta par de brefs tiraillements mais laissa finalement Cugel poursuivre sa marche vers l’est. Derrière lui, en haut de la plage, le vieillard était assis la pelle entre les jambes et le regard fixé sur la mer.
Cugel continua d’avancer sur la plage, satisfait de sa mâtinée. Il examina longuement l’amulette : elle irradiait une magie extraordinaire et c’était un bien bel objet, ce qui ne gâchait rien. Les runes avaient été gravées avec habileté et délicatesse, ses connaissances ne lui permettaient pas de les déchiffrer. Il enfila le bracelet avec grand soin, mais ce faisant, il appuya sur une escarboucle. Venant de nulle part, retentit une plainte épouvantable évoquant les plus atroces souffrances. Cugel s’arrêta net et son regard parcourut la plage : une mer sombre, une plage aux couleurs blafardes, un rivage planté de massifs de chardons. Benbadge Stull à l’ouest. Cil à l’est, un ciel maussade au-dessus de lui. II était seul. D’où avait pu venir cette plainte ?
Précautionneusement, Cugel appuya sur l’escarboucle de nouveau. Il s’en suivit le même hurlement de terrible désespoir. Cugel était perplexe. Qui, sur cette triste plage, s’amusait à ces plaisanteries frivoles ? Fasciné, il appuya sur les escarboucles les unes après les autres et provoqua un concert de hurlements, exprimant toute une gamme de souffrances et de douleurs. Cugel considéra l’amulette d’un oeil sceptique. A part les gémissements et les sanglots qu’elle avait provoqués, elle ne révélait aucun pouvoir manifeste et Cugel se lassa de ce petit jeu.
Le soleil atteignit son zénith. Cugel apaisa sa faim avec des algues marines qu’il rendit comestibles en les frottant contre l’amulette que lucounu lui avait donné à cet effet. Au cours de son repas, il lui sembla entendre des voix et des rires insouciants, si peu distincts qu’on aurait pu les confondre avec le bruit de l’écume. Une langue rocheuse s’avançait dans la mer non loin de là. L’oreille tendue, Cugel découvrit que les voix provenaient de cette direction. Elles étaient claires, enfantines et exprimaient une joie innocente.
Il escalada prudemment le rocher. A l’extrémité, là où la houle venait heurter le roc et où l’eau sombre se soulevait, quatre gros coquillages étaient fixés. Ils étaient ouverts : des têtes, vissées sur des épaules et des bras nus, regardaient droit devant elles. Les créatures avaient des visages ronds et pâles, aux joues tendres, aux yeux bleu-gris encadrés de touffes de cheveux clairs. Elles trempaient leurs doigts dans l’eau et tiraient des gouttes un fil qu’elles tissaient avec adresse pour en faire une étoffe fine et délicate. L’ombre de Cugel se dessina sur l’eau : les créatures rentrèrent dans leurs coquilles sur-le-champ.
- Qu’est-ce à dire, s’exclama Cugel d’un ton jovial. Fermez-vous vos coquilles à la vue de tout visage inconnu ? Etes-vous si craintifs que cela ? Ou seulement d’humeur acariâtre ?
Les coquillages restaient fermés. L’eau sombre formait des remous sur leur surface rugueuse.
Cugel s’approcha, s’accroupit et pencha la tête de côté.
- Ou peut-être êtes-vous fiers ? Est-ce par mépris que vous vous cachez ! A moins que vous ne manquiez de charme ?
Toujours pas de réponse. Cugel resta dans la même position et se mit à siffler un air qu’il avait entendu à la fête d’Azenomeï.
A ce moment, le coquillage qui se trouvait tout au bout du rocher entrouvrit sa coquille et des yeux fixèrent Cugel d’un air, interrogateur. Ce dernier siffla encore une ou deux mesures avant de se remettre à parler :
- Ouvrez vos coquilles ! Un étranger vous parle et attend avec angoisse qu’on lui indique la route pour Cil entre autres choses d’importance !
A son tour, une autre créature entrebailla sa coquille : à l’intérieur, une autre paire d’yeux brillait dans l’ombre.
- Peut-être ne savez-vous rien ? railla Cugel. Peut-être ne connaissez-vous rien d’autre que la couleur des poissons et 1′humidité de l’eau ?
Le coquillage le plus éloigné s’ouvrit un peu plus, assez pour dévoiler un visage indigne.
- Nous ne sommes en aucune façon ignorants !
- Nous ne sommes ni indolents, ni dépourvus de charme, pas plus que nous ne sommes méprisants, cria un autre.
- Ni peureux, ajouta un troisième.
Cugel les salua d’un air solennel.
- C’est fort possible. Pourquoi vous êtes-vous refermés si brusquement à ma seule approche ?
- Telle est notre nature, déclara le premier coquillage d’un ton animé. Certaines créatures marines seraient heureuses de nous capturer par surprise, c’est pourquoi il est sage de se cacher dans un premier temps et de s’informer ensuite.
Les quatre coquillages étaient maintenant ouverts mais pas si largement que lors de l’arrivée de Cugel.
- Bon, alors, dit-il, que pouvez-vous me dire sur Cil ? Les étrangers y sont-ils bien accueillis ou en sont-ils chassés ? Y trouve-t-on des auberges ou les voyageurs doivent ils dormir dans un fossé ?
- De telles questions dépassent notre savoir spécifique, répondit le premier coquillage. (Il s’ouvrit complètement et extirpa ses bras et ses épaules pâles.) La population de Cil, s’il faut en croire la rumeur de la mer, est de nature renfermée et méfiante, même envers leur maître, qui n’est encore qu’une jeune fille de l’ancienne lignée des Domber.
- Tiens, voilà le vieux Slaye, dit un autre coquillage. Il rentre tôt à sa cabane.
- Slaye est âgé. II ne trouvera jamais son amulette et ainsi, la lignée des Domber régnera sur Cil jusqu’à l’extinction du soleil.
- Qu’est-ce que cela signifie, demanda Cugel d’un ton ingénu. De quelle amulette parlez-vous ?
- Aussi loin que remonte notre mémoire, expliqua un des êtres-coquillages, le vieux Slaye a passé le sable au crible et avant lui, son père, et d’autres Slaye encore à travers les âges. Ils sont à la recherche d’un bracelet de métal grâce auquel ils espèrent recouvrer leurs privilèges d’antan.
- Quelle légende fascinante, dit Cugel, enthousiaste. Quels sont les pouvoirs de cette amulette et comment les mettre en oeuvre ?
- Slaye pourait sûrement vous dire ça, suggéra l’une des créatures.
- Sûrement pas, car il est buté et revêche déclara un autre. Songe seulement à son humeur lorsqu’il passe au tamis une pelle de sable sans y rien trouver.
- Ne peut-on trouver d’autres sources d’informations, s’inquiéta Cugel, aucune rumeur sur la mer ? Pas de plaque ancienne ni de tablette gravée ?
Cette question provoqua les rires des créatures-coquillages.
- Vous posez les questions avec tant d’empressement qu’on pourrait vous prendre pour Slaye. Nous ignorons les réponses.
Cachant son mécontentement, Cugel continua à poser des questions, mais les créatures ne s’en souciaient guère et s’avéraient incapables de fixer leur attention sur un quelconque sujet. Cugel les écoutait parler du flot de l’océan, de la saveur des perles, du caractère insaisissable de certaine créature marine qu’ils avaient remarquée la veille. Quelques minutes plus tard, Cugel orienta une fois encore la conversation sur Slaye et l’amulette, mais les êtres-coquillages restaient évasifs et presque puérils tant leur conversation était décousue. Ils semblaient oublier la présence de Cugel. Trempant leurs doigts dans l’eau, ils assemblaient les gouttes en fils translucides. Des conques et des bulots avaient suscité leur désapprobation par leur insolence et ils faisaient allusion à une grosse urne reposant dans les bas-fonds du grand large. Finalement, Cugel se lassa de cette conversation et les créatures-coquillages s’intéressèrent de nouveau à lui tandis qu’il se relevait :
- Devez-vous partir déjà ? Juste au moment où nous allions vous demander les raisons de votre présence , les passants se font rares sur la Grande Plage de Sable et vous avez l’air d’être un homme qui a parcouru de grandes distances.
- C’est vrai, dit Cugel et je dois voyager plus loin encore. Regardez le soleil, il commence sa descente vers l’ouest, et j’aimerais loger à Cil ce soir.
Une des créatures leva les bras et montra un joli vêtement qu’elle avait tissé à l’aide de fils d’eau.
- Acceptez ceci en guise de cadeau. Vous semblez délicat et pouvez avoir besoin de vous protéger du vent et du froid.
Il lança le vêtement a Cugel. Ce dernier l’examina, émerveillé par sa souplesse et son éclat chatoyant.
- Je vous remercie sincèrement, dit Cugel. Votre générosité dépasse mon attente.
II s’enveloppa dans le manteau, mais l’étoffe se transforma aussitôt en eau et Cugel fut trempé. Les quatre créatures partirent d’un rire espiègle et lorsque Cugel, furieux, s’avança vers elles, leurs coquilles se fermèrent avec un bruit sec.
Cugel donna un coup de pied dans la coquille de la créature qui lui avait remis le vêtement. II se fit mal au pied, ce qui ne fit que décupler sa rage. Il s’empara d’une lourde pierre et la projeta sur la coquille qui s’écrasa. Cugel empoigna la créature qui poussait des cris stridents et la ieta au loin sur la plage. Elle resta étendue, les yeux fixés sur lui, sa tête et ses bras menus mêlés à ses entrailles. D’une voix faible, elle dit :
- Pourquoi m’avoir traitée de la sorte ? Pour une simple farce, tu m’as ôté la vie et je n’en ai pas d’autre.
- Et ainsi tu t’abstiendras de faire d’autres farces, déclara Cugel. Je te ferai remarquer que je suis trempé jusqu’aux os.
- Ce n ‘était qu’une plaisanterie, une chose sans importance, vraiment. La créature-coquillage parlait d’une voix éteinte. Nous autres, habitants des rochers, nous connaissons peu de magie, mais on m’a don né le pouvoir de maudir, et voici les paroles que je prononce :
- Puisses-tu ne jamais réaliser ton voeu le plus cher, quel qu’il soit. Tu perdras tout espoir de réaliser ce désir avant même que le jour ne meure.
- Encore une malédiction ? Cugel remua la tête en signe de mécontentement. J’en ai delà neutralisé deux aujourd’hui, faut-il qu’une autre m’accable maintenant ?
- Celle-là, tu n’y échapperas pas, murmura la créature-coquillage. Telle est ma dernière volonté.
- La malveillance est une chose déplorable, dit Cugel d’un ton agité. Je doute de l’efficacité de votre sort , néanmoins, il serait sage d’assainir l’atmosphère en retirant vos paroles et ainsi de regagner la bonne opinion que j’avais de vous.
Mais la créature-coquillage ne dit plus rien : elle expira dans une flaque de vase trouble et fût avalée par le sable.
Cugel descendit la plage, réfléchissant sur le meilleur moyen de parer ce nouveau coup du sort.
- On doit faire preuve d’astuce face aux malédictions, dit-il pour la deuxième fois : Est-ce pour rien que l’on m’appelle Cugel l’Astucieux ?
Aucun stratagème ne lui vint a l’esprit et il continua d’avancer sur la plage en retournant le problème dans tous les sens. Le cap situé à l’est se dessinait maintenant clairement. Il était couvert d’arbres sombres, de haute taille, parmi lesquels se devinaient de blanches constructions.
Slaye réapparut, courant de droite et de gauche, comme un homme qui a perdu la raison. Il vint a la rencontre de Cugel et tomba à genoux :
- Je vous en supplie, donnez-moi l’amulette ! Elle appartient à la famille des Slaye: elle nous a donné le pouvoir sur Cïl ! Donnez-la moi et j’exaucerai votre voeu le plus cher !
Cugel s’arrêta net. C’était là un beau paradoxe. S’il rendait l’amulette, Slaye de toute évidence le trahirait ou dans ie meilleur cas manquerait à sa parole – réalisant ainsi la malédiction. D’autre part, si Cugel conservait l’amulette, il n’en perdrait pas moins son voeu le plus cher – ce qui réaliserait la malédiction – mais l’amulette lui resterait. Slaye se méprit devant l’hésitation de Cugel qu’il interpréta comme un signe d’acquiescement.
- Je ferai de vous un Grand du royaume s’exclama t-il avec ferveur. Vous recevrez un vaisseau d’ivoire sculpté et deux cents jeunes filles seront à votre disposition pour satisfaire vos désirs , vos ennemis seront enchaînés dans un chaudron tournant… Donnez-moi seulement l’amulette !
- L’amulette confère donc un si grand pouvoir, demanda Cugel ? Est-il vraiment possible d’accomplir tout ça ?
- Certes, certes s’écria Slaye, si on peut déchiffrer les runes.
- Alors quel est leur rôle, dit Cugel. Une tristesse désespérée apparut dans le regard de Slaye.
- Cela, je ne peux le dire : il me faut l’amulette.
Cugel agita la main avec dédain.
- Vous refusez de satisfaire ma curiosité. A mon tour maintenant de décevoir vos ambitions insolentes.
Slaye tourna les yeux vers le cap où de blanches murailles miroitaient à travers les arbres.
- Tout est clair à présent. Vous avez l’intention de régner vous-même sur Cil.
II existe des sorts moins enviables, pensa Cugel. Firx, devinant en partie la situation, se manifesta par un pincement de réprimande. A contre-coeur, Cugel abandonna le projet , néanmoins, cela lui suggérait un moyen de réduire à néant la malédiction de la créature-coquillage. – Si je dois être privé de mon plus cher désir, se dit Cugel, il serait judicieux que je me fixe un nouvel objectif, une nouvelle passion ardente, ne serait-ce que pour une journée. Je convoiterai donc le trône de Cil, qui constitue à partir de maintenant mon voeu le plus cher.
De façon à ne pas éveiller la méfiance de Firx, il dit à voix haute :
- J’ai l’intention d’utiliser cette amulette à de nobles fins. Parmi elles, il pourrait y avoir le trône de Cil auquel je peux prétendre en vertu de mon amulette. Slaye partit d’un grand rire sardonique.
- Vous devez, en premier lieu, soumettre Derwe Coreme à votre autorité. Elle est de la famille des Domber, sinistre et capricieuse, elle semble à peine plus âgée qu’une jeune fille mais fait preuve de la même insouciance rêveuse que l’épouve des forêts. Méfiez-vous de Derwe Coreme. Elle peut vous faire engloutir, vous et mon amulette, dans les profondeurs océanes !
- Si vous êtes à ce point terrifié, dit Cugel âprement, apprenez-moi l’usage de l’amulette et j’empêcherai cette catastrophe.
Mais Slaye secoua la tête en signe de refus catégorique.
- Les défauts de Derwe Coreme sont connus. Je ne vois pas pourquoi je les échangerais contre les abus d’un vagabond.
Pour toute récompense de sa franchise, Slaye reçut une gifle qui le fit chanceler.
Cugel reprit sa route le long du rivage. Le soleil frôlait la mer , Cugel accéléra le pas, soucieux de trouver un abri avant la nuit.
Il arriva enfin au bout de la plage. Le cap se profilait au-dessus de lui et les grands arbres sombres paraissaient encore plus hauts. On pouvait voir, par moment à travers les feuillages, une balustrade qui faisait le tour des jardins. Un peu plus bas, une rotonde à colonnes surplombait l’océan vers le sud. Somptueux, en effet pensa Cugel, et il considéra l’amulette avec une attention accrue. Son voeu le plus cher du moment, c’est-à-dire la souveraineté de Cil, n’était plus de mise. Et Cugel en vint à se demander s’il ne devait pas reporter son choix sur un autre voeu : le désir de maîtriser les techniques du dressage d’animaux, par exemple, ou l’envie irrésistible de devenir un acrobate accompli… A contre coeur, Cugel abandonna ce projet. De toute façon, l’efficience du sort jeté par la créature-coquillage restait à démontrer.
Un sentier partait de la plage pour déboucher sur des buissons et arbustes parfumés : dymphianes, héliotropes, arbres à coings noirs, massifs de haute végétation, vcrverica aux frais ombrages et amanita en fleur. La plage n’était plus qu’un ruban qui se fondait dans la traînée carmin du crépuscule et ou ne discernait plus le cap de Bondadge Stull. Le chemin s’aplanit, traversa un bosquet de lauriers feuillus pour déboucher sur une place ovale envahie par les mauvaises herbes, sans doute un ancien terrain de manoeuvres et d’entraînement.
Le long du côté gauche se dressait un haut mur de pierres où s’ouvrait un large portique décoré d’armoiries très anciennes. Les portes, immenses, donnaient sur une promenade de marbre qui s’étendait sur un mile jusqu’au palais : une belle construction de plusieurs étages couverte d’un toit vert bronze. Une terrasse s’étendait devant le palais et rejoignait la promenade par un grand escalier. Le soleil avait disparu : les ténèbres descendaient du ciel. Ne voyant pas de meilleur abri, Cugel marcha vers le palais.
La promenade, jadis chef-d’oeuvre de raffinement, était maintenant délabrée et la lueur crépusculaire la parait d’une beauté mélancolique. Deux jardins d’une composition recherchée bordaient la promenade. Ils étaient maintenant à l’abandon et envahis par les mauvaises herbes. La promenade était bordée de vasques de marbre ornées de couronnes de cornalie et de jade : au centre se succédaient des piédestaux d’une taille à peine supérieure à celle d’un homme. Chacun d’eux était surplombé d’un buste identifié par des runes que Cugel jugea similaires à celles gravées sur l’amulette. Les piédestaux étaient à cinq pas les uns des autres et se suivaient sur toute la longueur de la promenade jusqu’à la terrasse. Le vent et la pluie avaient érodé les sculptures des premiers, rendant les visages à peine discernables. Au fur et à mesure que Cugel avançait, les traits se précisaient. De piédestal en piédestal, de buste en buste, chaque visage regardait un court instant Cugel se diriger vers le palais. Le dernier de la série, dans l’ombre du jour finissant, représentait une jeune femme. Cugel s’arrêta brusquement. C’était la fille au bateau qui marchait, celle-là même qu’il avait rencontrée dans les terres du nord : Derwe Coreme de la famille des Domber, maîtresse de Cil !

La suite prochainement!

Cugel l’astucieux de Jack Vance

Jeudi 31 janvier 2008

Cugel l'astucieux de Jack Vance dans romans arton392-2e532

 Pour avoir tenté de dérober les trésors du Magicien Rieur Iucounu, Cugel est envoyé dans les Contrées du Nord. Là, il doit trouver une lentille de verre violette qui permet d’accéder à la vision du Monde Supérieur.

A travers ces lentilles, qui servent d’yeux au peuple de Cutz, une misérable cabane devient un somptueux palais et une femme hideuse, une princesse de rêve.

Voici le début d’une série d’aventures qui entraînent Cugen dans des contrées magiques. Tour à tour, il est projeté d’un million d’années dans le passé, il affronte des monstres assoiffés de sang, il doit se mesurer dans un dernier combat avec le Magicien Rieur.

Il fallait vraiment toute l’ingéniosité de Cugel pour se sortir de pareilles situations et mériter le nom d’astucieux! 

Enfin un one-shot en fantasy qui ne nous laisse pas sur notre faim!

De plus je crois qu’on est dans un roman où le héros ne cessera pas de vous étonner. Menteur, lâche, voleur, Cugel possède plus de défauts que de qualités. Pourtant on ne peut lui en tenir rigueur quand on découvre avec quelle intelligence il se sort de situation extrême et bien souvent au dépens de la vie d’innocent. Je crois que c’est ce roman que je cherchais en lisant de la fantasy : un héros  sans foi ni loi. Des aventures extraordinaires et exaltantes, un humour omniprésent ( bien différent de Terry Pratchett toutefois!) . Je me souviens qu’au début de ma lecture, je me suis dis :  » tiens un héros qui vole. Bah, il n’a pas l’air très fort. Cela ne va pas vraiment me divertir. »
Non, Cugel ne ressemble pas à Conan le Barbare.  Pourtant il se sort de situation vraiment avec brio. Ce qu’il faut savoir, c’est que la traduction française ne comporte pas toutes les nouvelles. Car Cugel c’est un héros qu’on suit grâce à des nouvelles. Paru en 1966, l’édition anglaise comporte elle une nouvelle en plus qui se situe entre le monde supérieur et les montagnes de Magnatz. 
Bref, beaucoup d’actions, de rebondissements dans ce roman très bien écrit. Vous n’êtes pas prêt de vous ennuyer!

 

note : 10/10

love song for a vampire

Mardi 22 janvier 2008

Quand on aime dracula, forcément on aime sa chanson. Interprêtée par la belle annie lennox la voici

 

http://www.dailymotion.com/video/x1a3p7

Brume la faucheuse de stephen king

Mardi 22 janvier 2008

Un recueil de nouvelles intéressant. Certaines nouvelles valent plus la peine que d’autres, mais c’est ainsi partout non? Les nouvelles qui m’ont le plus marquées sont les suivantes :

- Machine divine à traitement de texte.

- Nona

- Le goût de vivre

- Livraisons matinales

- Mémé

- la ballade de la balle élastique.

 

J’ai retrouvé dans chacune de ses nouvelles, de la magie, du suspense. La première par exemple est douce et cruelle à la fois. La seconde « Nona » traite d’un amour éphémère, étrange, meurtrier. Le gout de vivre raconte ce qu’un homme est prêt à faire pour survivre sur une île déserte, abandonnée de tous. Livraisons matinales traitent d’un livreur de lait qui fait souffrir ses clients. Mémé, nous montre comment un garçon parvient à être effrayé par sa propre grand-mère. La ballade de la balle élastique reste ma favorite car elle traite de la folie d’un écrivain et de son éditeur. 

La vie silencieuse de marianna ucria de dacia maraini.

Mercredi 16 janvier 2008

La vie silencieuse de marianna ucria de dacia maraini.  dans romans 51XDTGBD7BL._AA240_  » A treize ans – comme la plupart des jeunes filles siciliennes du XVIII ème siècle- la duchesse Marianna est mariée à un vieil oncle maussade… On la juge simple d’esprit parce qu’elle est sourde et muette. Pourtant, la vivacité et la pertinence des billets qu’elle adresse aux siens prouve qu’il n’en est rien. Murée dans le silence et la solitude, elle trouve refuge dans la bibliothèque. Grâce aux livres qui colportent le savoir et les idées des philosophes, elle plonge dans les méandres de sa personnalité, découvre qu’un événement dont elle n’a plus souvenance lui a ravi l’usage de l’ouie et de la parole, que le mariage l’a dépossédée de son corps et qu’il ne tient qu’à elle de conquérir sa liberté. »

J’avoue ne pas avoir terminé la lecture de ce roman. J’ai trouvé le style compliqué et lourd. Des longs paragraphes ennuyeux qui ne révèlent rien d’intéressant sur cette jeune femme.

Je vous offre un extrait afin que vous puissiez juger de vous-même:

« Faites le sortir », écrit Marianna et elle signe, comme s’il s’agissait d’un décret d’Etat. Et en effet, dans cette maison, dans ce fief, le maître a des pouvrois de roi. Cet homme, comme Fila en son temps, a été « donné » à Mariano par monsieur l’oncle-mari, qui lui-même l’avait reçu de l’oncle Antonio Scebarras, qui lui-même…

Il n’est écrit nulle part que ce vieillard aux cheveux jaunes appartienne aux Ucria, mais de fait ils peuvent en faire ce qu’ils veulent, le garder dans les caves jusqu’à ce qu’il pourrisse, ou le renvoyer chez lui et même le faire fouetter, personne n’y trouverait rien à dire. C’est un débiteur qui ne peut pas payer et donc, virtuellement, il doit répondre de sa dette avec son corps même.

« C’est à l’époque de Philippe II que les barons siciliens, en échange de leur allégeance et de la passivité du Sénat, ont obtenu des droits monarchiques sur leurs terres, ils peuvent se faire justice eux-mêmes. » Où a-t-elle lu cela ? Ce que monsieur père appelait « l’injustice justifiée » et dont sa magnanimité l’avait toujours empêché de profiter. Les intendants font simplement ce que les Ucrìa n’oseraient jamais faire de leurs blanches mains mais dont ils ont besoin : mettre au pas ces bêtes de somme de « vilains » en cognant, en menaçant de coups de corde, en enfermant les débiteurs dans les cachots de la tour. »

Les phrases sont très longues, parfois incompréhensibles et il faut les relire plusieurs fois pour en saisir le sens. Ce qui est bien dommage étant donné la beauté de cette histoire très émouvante d’ailleurs sortie en film.

Les critiques de ce roman sont très bonnes, et pourtant, non, je n’ai pas accroché. A cause du style, des nombreux mots italiens qui ne sont pas traduits et dont on doit deviner le sens, des paragraphes ennuyeux et longs… Maintenant il se pourrait que vous aimez ce roman, mais personnellement je n’ai pas accroché du tout.

note :4/10

 

un peu de douceur

Lundi 14 janvier 2008

Tout est dans le titre. J’avais envie de vous offrir quelques vidéos vraiment à croquer pour qu’on se rappelle que la vie est belle, et même si elle nous fait du mal, au fond, il y aura toujours quelque chose pour nous donner du bonheur.

 

http://www.dailymotion.com/video/x1eidu

http://www.dailymotion.com/video/x1h89c

http://www.dailymotion.com/video/x3bqmf

http://www.dailymotion.com/video/x3h7n0

http://www.dailymotion.com/video/x3zbye

J’espère que ces quelques vidéos vous permettront de sourire ;)

Admirez la dernière vidéo : la ressemblance entre le chat et le chat potté de shrek est incroyable ^^ ( surtout son regard)

 

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