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Elisabeth Bathory

Vendredi 28 décembre 2007

L’autre figure du vampirisme c’est Elisabeth Bathory, dîtes la comtesse sanglante.

Il est impossible de s’intéresser au phénomène, réel ou imaginaire, du vampirisme sans se référer à un personnage qui défraya la chronique au XVIIE siècle en Hongrie et Transylvanie, et qui a provoqué, dans la mémoire des peuples, l’apparition d’une image surprenante, ambiguë, terrifiante, qui est loin de laisser indifférent : la comtesse Elizabeth Bathory est en effet une des incarnations les plus caractéristiques de ce que l’on a coutume de classer dans la catégorie des vampires humains, malgré les interférences inévitables qui se sont produites entre ce que l’on sait de sa vie et des zones d’ombre que l’on n’a pas osé dévoiler en plein jour. Ce fut une criminelle, assurément. Mais ce fut aussi une femme mystérieuse qui a emporté dans la tombe de lourds secrets qu’il est bien difficile de cerner en toute objectivité.

Elisabeth Bathory 250px-Bathory

Elizabeth Báthory est née dans une propriété familiale à Nyirbator en Hongrie le 7 aout 1570 . Elle passa son enfance au château de Ecsed. Son père était George Báthory, un frère d’un des princes de Transylvannie de la branche des Somlyó. Par sa mère elle était la nièce de Etienne Bathory, roi de Pologne.

Báthory, fut à l’âge de 11 ans engagée envers Nadasdy et déménagea  dans le château de Sárvár, où il est dit qu’elle aurait eu une aventure avec un paysan et aurait donné naissance à une fille illégitime mort-née. En 1575, à l’âge de 15 ans, elle se maria avec Nádasdy.

C’est dans une atmosphère très particulière, encombrée de sortilèges et de traditions ancestrales venus d’ailleurs, que se déroula l’enfance d’Elizabeth Bathory, et cela explique certainement beaucoup de choses concernant le comportement et le mode de pensée de cette comtesse qu’il faut bien se résoudre à qualifier de « , sanglante « .Il faut aussi prendre en compte la lourde hérédité d’Elizabet.

Sa lignée ne comportait pas que des petits saints, bien au contraire. Un certain nombre de ses ancêtres avaient été des brutes sanguinaires, et dans sa parenté immédiate se trouvaient quelques homosexuels mâles notoires. Un de ses frères était un dépravé pour lequel tout était bon, la plus tendre fillette comme la plus ratatinée des femmes âgées. Une de ses tantes grande dame de la cour de Hongrie défrayait la chronique scandaleuse : lesbienne impénitente, on disait, tribade  » à l’époque, elle était tenue pour responsable de la dépravation de douzaines de petites filles. Et puis, la propre nourrice d’Elizabeth, joIlona, qui deviendra son âme damnée, personnage trouble et inquiétant, pratiquant la magie noire et les sortilèges les plus pervers, eut une influence déterminante sur l’évolution de son esprit.

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Château de Csejth.

Les descriptions qu’on possède d’Elizabeth Bathory, ainsi qu’un portrait qu’on en a conservé, nous la montrent d’une grande beauté :  » Les démons étaient déjà en elle ; ses yeux larges et noirs les cachaient en leur morne profondeur ; son visage était pâle de leur antique poison. Sa bouche était sinueuse comme un petit serpent qui passe, son front haut, obstiné, sans défaillance. Et le menton, appuyé sur la grande fraise plate, avait cette courbe molle de l’insanité ou du vice particulier. Elle ressemblait à quelque Valois dessiné par Clouet, Henri Ill peut-être, en féminin 1.  » Bref, quelque chose de mélancolique, de secret et de cruel. Le blason des Bathory n’était-il pas composé de trois dents de loup, d’un croissant de lune, d’un soleil en forme d’étoile à six pointes, le tout entouré d’un dragon qui se mord la queue ?

On ne sait pas grand-chose sur la jeunesse et l’adolescence d’Elizabeth, sinon qu’elle se réfugiait souvent dans une solitude farouche. Par ailleurs, depuis son plus jeune âge, elle souffrait de maux de tête parfois intolérables qui la faisaient se rouler par terre. Était-ce de l’épilepsie ? Il semble plutôt qu’Elizabeth était en proie à des crises d’hystérie qu’il serait tentant d’assimiler à des crises de possession démoniaque.

Mais cette hystérie explique en partie sa déviance sexuelle : sa sensualité était exacerbée, mais morbide, et si elle ne refusa pas les contacts masculins, elle évolua toute sa vie dans des retraites peuplées uniquement de femmes ; elle ne sacrifia jamais un seul homme à ses débauches, mais uniquement des femmes, et elle était incontestablement homosexuelle.

Mais l’homosexualité d’Elizabeth Bathory n’était pas exclusive. On lui prête plusieurs aventures masculines avant son mariage et après son veuvage. Toute jeune, immédiatement après sa puberté, elle aurait eu une petite fille d’un paysan. Elle avait quatorze ans et elle était déjà fiancée à Férencz Nàdasdy, un comte appartenant à la meilleure noblesse hongroise, redoutable guerrier qui devint illustre et mérita, par la suite, le titre de  » Héros noir de la Hongrie « .

elisabeth20bathory Ces noces eurent lieu le 8 mai 1575. Elizabeth avait quinze ans, et son mari en avait vingt et un. Les nouveaux époux qui s’en allèrent passer leur lune de miel dans le château de Csejthe. Mais le séjour de Férencz Nàdasdy fut de courte durée. Ses devoirs de combattant l’appelaient à la guerre à travers toute la Hongrie et les pays avoisinants. Il laissa donc sa jeune et belle épouse régner sur le château de Csejthe et sur les vastes domaines qui l’entouraient. Que se passa-t-il donc alors ? Il est probable que la sensualité d’Elizabeth, fortement éveillée par son mari – qui lui fit d’ailleurs deux enfants – se sentit quelque peu frustrée. On lui prêta plusieurs intrigues amoureuses, mais sans lendemain, dont une avec un de ses cousins, le comte Gyorgy Thurzo, futur premier ministre de Hongrie et qui fut d’ailleurs, par la suite, son juge le plus sévère.

Cela ne veut pas dire que les époux ne s’entendaient pas bien : au contraire, leurs retrouvailles étaient toujours de nouvelles lunes de miel. Mais le seul tort du mari était d’être trop souvent absent. Et, un jour de 1586 ou 1587, alors que Férencz Nàdasdy était en plein combat contre les Serbes, on raconte qu’arriva au château de Csejthe un grand jeune homme au teint cadavérique, dont le nom est resté perdu pour l’histoire. Il était habillé de noir, avait de profonds yeux noirs et de longs cheveux noirs tombant jusqu’aux épaules.  Lorsque les servantes de la comtesse racontèrent au village de Csejthe qu’il avait aussi des canines qu’elles jugeaient anormalement longues, plus personne ne douta qu’un vampire s’était installé au château, et les villageois n’allèrent plus se coucher sans avoir soigneusement barricadé leurs portes et leurs fenêtres avec des planches.

Toujours est-il qu’Elizabeth s’absenta pendant plusieurs semaines. Était-elle partie avec son  » vampire  » ? Les villageois murmurèrent, paraît-il, que la comtesse avait été littéralement  » vampirisée  » par le sombre inconnu. Il est plus vraisemblable de croire que cet homme était une sorte de sorcier, ou de prêtre plein, qui initia Elizabeth à certaines pratiques magiques. Car elle ne faisait pas mystère de ses fréquentations auprès des mages, des sorcières et autres personnages, toujours féminins, qui officiaient dans les forêts, à l’abri des regards indiscrets.

Plus intrigante est la relation entretenue réellement par Elizabeth Bathory avec une mystérieuse inconnue, dont personne ne savait le nom, , et qui venait voir Elizabeth, déguisée en garçon. Une servante avait dit à deux hommes, – ils en témoignèrent au procès -, que, sans le vouloir, elle avait surpris la comtesse seule avec cette inconnue, torturant une jeune fille dont les bras étaient attachés très serrés et si couverts de sang qu’on ne les voyait plus. 

Cependant, Férencz Nàdasdy mourut soudainement en 1604. Devenue veuve, la comtesse semble n’avoir rien changé à son mode de vie. Les tortures qu’elle infligeait à ses servantes, elle les pratiquait depuis longtemps et son mari le savait parfaitement, considérant celles-ci comme de simples amusements de la part de sa femme. D’ailleurs, dans toutes les maisons nobles de ce temps, il était courant de fouetter les servantes pour un oui ou pour un non.

On raconte une curieuse anecdote à ce sujet, non pas sur le début des sévices opérés par Elizabeth, mais sur la naissance de sa fascination pour le sang qui coule. « Un jour qu’elle avait frappé une servante assez violemment pour la faire saigner du nez, parce qu’elle lui avait tiré les cheveux en la peignant, un peu du sang de la jeune fille tomba sur le poignet d’Elizabeth. Un peu plus tard, la comtesse crut remarquer que la peau de l’endroit où était tombé le sang était devenue plus blanche et plus douce que la peau environnante ».

Le souci primordial d’Elizabeth Bathory, depuis son plus jeune âge, avait été sa beauté: elle avait une peur atroce de vieillir et de s’enlaidir. Il n’en fallait pas plus pour s’imaginer qu’elle pouvait indéfiniment préserver sa beauté grâce à du sang frais de jeunes filles, de préférence vierges, donc revêtues de cette aura magique que confère la virginité.  » Le sang, c’est la vie !  » répétait Renfield au docteur Seward.

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Et cela nous ramène inévitablement au vampirisme.

A Csejthe comme ailleurs, Elizabeth était toujours accompagnée de sa nourrice jo Ilona et de sa servante Dorottya Szentes, dite Dorko, deux femmes vieilles, vulgaires, sales, d’une totale immoralité ‘ et probablement sectatrices d’une de ces mystérieuses cohortes de sorcières avorteuses qui pullulaient encore dans les campagnes de l’Europe centrale.

Autour de ce duo infernal, il y avait un homme à tout faire, Ujvari johanes, dit Ficzko, une sorte de nabot disgracieux, et une lavandière, Katalin Beniezky. Elizabeth vivait au milieu de cette troupe entièrement vouée à son service et à la satisfaction de ses instincts les plus bas. Mais il y avait aussi le personnel  » volant « , de belles jeunes filles dont elle faisait ses servantes, et parfois ses concubines, du moins tant qu’elle y trouvait une certaine nouveauté. Car ces  » servantes  » disparaissaient les unes après les autres, et il fallait bien que le  » personnel permanent  » se chargeât de renouveler un cheptel qui devait être toujours jeune et beau.

Un autre personnage vint bientôt compléter la sinistre troupe, une certaine Darvulia Anna. On a largement brodé sur cette femme sous prétexte que son nom évoque celui de Dracula. Il n’est pas nécessaire d’en venir là, car il apparaît que Darvulia était une sorcière de la meilleure tradition, une magicienne noire qui connaissait des formules et des incantations sataniques et qui n’hésitait pas, comme le fera plus tard la Voisin, en France, au moment de l’affaire des Poisons, à procéder à des sacrifices humains pour obtenir l’aide des puissances démoniaques. Sans doute Darvulia Anna sut-elle convaincre Elizabeth Bathory, déjà quadragénaire mais toujours très belle, qu’elle connaissait les recettes infaillibles pour prolonger indéfiniment cette beauté. La comtesse ne put plus se passer de Darvulia, et il est établi que la présence de cette « sorcière » ne fit qu’augmenter la fréquence des « sacrifices  » qu’Elizabeth offrait à la mystérieuse divinité assoiffée de sang qu’elle n’avait jamais cessé d’adorer depuis sa plus tendre enfance. Les plus belles filles de Transylvanie et de Hongrie, lorsqu’elles étaient repérées par les émissaires de la comtesse, prenaient le chemin du château de Csejthe. Tous les moyens étaient bons : menaces, intimidation, promesses d’argent, achat pur et simple dans certaines familles pauvres. Mais la plupart d’entre elles ne ressortaient jamais plus de la sinistre forteresse.

On a probablement fort exagéré les récits concernant les supplices infligés à ces innocentes jeunes filles par la comtesse Bathory et ses âmes damnées. Mais il en est de suffisamment établis pour se faire une idée de l’atmosphère malsaine et macabre qui régnait dans les souterrains du château de Csejthe. Les filles étaient frappées avec violence. Certaines avaient le cou percé selon la plus pure tradition vampirique. D’autres étaient liées avec des cordes qu’on tordait ensuite afin qu’elles puissent s’enfoncer dans les chairs, ce qui permettait de leur ouvrir les veines et de faire jaillir le sang sur la comtesse.

On prétend même’ qu’on remplissait parfois des baignoires de sang et qu’Elizabeth s’y baignait avec ravissement. Mais comme sa peau délicate ne supportait pas d’être essuyée avec des serviettes, ce sont d’autres filles qui devaient la débarrasser du sang en lui léchant tout le corps avec leurs langues. Celles qui, ne supportant pas une telle horreur, s’évanouissaient, étaient ensuite sévèrement châtiées avant de servir de victimes à leur tour. On imagine aisément le contexte érotique de ces rituels.

Il y a aussi la fameuse « Vierge de Fer ». Est-ce une légende ? Actuellement, cet automate monstrueux peut encore être vu au château de Riegersburg, en Styrie. Est-ce celui dont, paraît-il, se servait la comtesse Bathory? Il s’agissait d’une statue de bois articulée, avec des mécanismes de fer, en forme de femme. Image de la déesse cruelle qu’adorait Elizabeth ? Peut-être. Ce qu’il y avait de terrible dans cet automate, c’était les pointes acérées qui pouvaient transpercer les corps qu’on soumettait à l’étreinte de la  » Vierge ». Car il est possible que des filles aient été ainsi livrées à la Vierge de Fer: les bras de celle-ci se refermaient sur le jeune corps et le pressaient de plus en plus contre les pointes acérées, permettant au sang de couler en abondance, sous les yeux d’Elizabeth et de celles qui partageaient obligatoirement ses infernales jouissances.

Des rumeurs incroyables parvinrent jusqu’à la cour de Vienne, et les autorités ecclésiastiques, sentant qu’il y avait sans doute des pratiques relevant de l’hérésie ou du paganisme, commencèrent à se livrer à de discrètes enquêtes. Mais comment faire pour savoir la vérité, alors qu’en principe, la belle comtesse Bathory était insoupçonnable et  » intouchable  » ?Évidemment, personne n’osait porter officiellement plainte, pas même les parents des jeunes filles disparues qui craignaient trop les représailles, y compris celles de forces diaboliques qu’on disait être au service de la comtesse. Les Bathory et les Nàdasdy étaient bien trop puissants… Mais cela n’empêcha nullement le roi Matthias de Hongrie de prendre l’affaire en main.

L’envoyé du roi Matthias fut très vite édifié, et, lorsqu’il eut fait son rapport, la décision du roi fut implacable: arrêter la comtesse Bathory et tous ses complices. Et cette tâche, il la confia à un autre cousin d’Elizabeth, et qui avait été un temps son amant, son premier ministre, le comte Gyorgy Thurzo.

Le 29 décembre 1610, à la tête d’une troupe armée et accompagné du curé de Csejthe – à qui il arriva d’ailleurs une curieuse aventure à cause d’un groupe de chats ! – et en présence des deux gendres d’Elizabeth Bathory, le comte Thurzo pénétra dans le grand château. La garnison n’opposa aucune résistance et les grandes portes étaient même entrouvertes. Tous purent donc pénétrer à l’intérieur sans aucune difficulté.

Ils descendirent au souterrain des crimes, d’où montait une odeur de cadavre, et pénétrèrent dans la salle de tortures aux murs éclaboussés de sang. Là se trouvaient encore les rouages de la , « Vierge de Fer « , des cages et des instruments, auprès des brasiers éteints. Ils trouvèrent du sang desséché au fond de grands pots et d’une sorte de cuve ; ils virent les cellules où l’on emprisonnait les filles, de basses et étroites chambres de pierre; un trou profond par où l’on faisait disparaître les gens; les deux branches du souterrain, l’une conduisant vers le village et débouchant dans les caves du petit château, l’autre allant se perdre dans les collines… Enfin, un escalier montant dans les salles supérieures. Et c’est là, étendue près de la porte, que Thurzo vit une grande fille nue, morte; celle qui avait été une si belle créature n’était plus qu’une immense plaie. A la lumière de la torche, on pouvait voir les traces laissées par les instruments de torture: la chair déchiquetée, les seins tailladés, les cheveux arrachés par poignées; aux jambes et aux bras, par endroits, il ne restait plus de chair sur les os.

Lorsque le comte Thurzo se présenta devant elle, elle ne songea pas un seul instant à nier l’évidence. Aux accusations que lui porta légalement son cousin et ex-amant, elle répondit que tout cela relevait de son droit de femme noble, et qu’elle n’avait de comptes à rendre à personne. Sans se laisser impressionner, Thurzo la fit mettre sous surveillance, et la comtesse s’enferma dans un mutisme hautain dont elle ne se départit jamais plus.

Le reste est à l’avenant et nous prouve que le marquis de Sade, dans son délire somme toute parfaitement inoffensif, n’a rien inventé. Car ces témoignages, quelles que soient les réserves qu’on peut émettre à leur propos, sont terriblement accablants. Et, sans trop risquer de se tromper, il faut bien se résoudre à accepter comme un minimum absolu le chiffre ahurissant de six cents jeunes filles sacrifiées par la comtesse Elizabeth Bathory et ses complices. La comtesse fut évidemment reconnue coupable par les juges qui se penchaient sur son cas.

Quant à la comtesse de sang royal Elizabeth Bathory, elle fut condamnée à être murée vive dans ses appartements privés du petit château de Csejthe. Sous la surveillance des juges et du comte Thurzo, des maçons murèrent donc les fenêtres et les portes de ses appartements, ne laissant qu’une petite ouverture par laquelle on passerait tous les jours de l’eau et de la nourriture. Elizabeth Bathory se laissa enfermer sans prononcer une parole. Elle vécut quatre ans dans la solitude et l’obscurité. Aux dires de ceux qui la virent dans son dernier sommeil, en dépit de son âge – très avancé pour l’époque – de cinquante-quatre ans, sa beauté était inaltérée. Et l’on retrouva, dans ses appartements, de nombreux grimoires, et surtout des invocations sataniques dans lesquelles elle conjurait le Diable de faire mourir ses ennemis, le comte Thurzo en tête, et de leur envoyer des démons sous forme de chats noirs. C’est ce qui était arrivé au curé de Csejthe Igrsqu’il avait accompagné les justiciers dans les souterrains du château. Coïncidence? Il est bien certain que la magie, et une magie des plus noires et des plus sinistres, est la seule explication plausible de l’invraisemblable comportement de la comtesse Elizabeth Bathory.

Elizabeth Bathory a emporté son secret dans la tombe, si tant est qu’elle ait réellement une tombe. Car les vampires, c’est bien connu, ne meurent jamais vraiment.

 

Vlad tepes

Vendredi 28 décembre 2007

Après l’article sur les vampires, attardons-nous sur les cas les plus intéressants. Tout d’abord Vlad Tepes dit l’empaleur.

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Il n’était pas très grand, mais râblé et fort, avec un aspect cruel, terrible, un nez droit, des narines dilatées, un visage mince et rougeaud ou les grands yeux verts, bien fendus, étaient ombrés par des sourcils noirs, broussailleux qui les faisaient menaçants. Il avait les joues et le menton rasés et portait moustache. Les tempes gonflées augmentaient le volume de la tête que soutenait un cou de taureau encadré par les vagues d’une légère chevelure bouclée, noire, qui retombait sur les larges épaules.

Description d’un émissaire à Pie III

 

De mémoire d’homme, en novembre 1431 naissait dans la forteresse de Sighisoara en Roumanie, Vlad Tepes III, l’un des personnages les plus sanglants de notre Histoire . Fils de Vlad II dit le diable, gouverneur militaire de Transylvanie, membre de l’Ordre du Dragon, une société militaire à caractère religieux fondée en 1387 par l’empereur Romain Sigismund et sa seconde femme Barbara Cilli, cette confrèrie avait pour but la protection des intérêts catholiques et de défendre l’Europe contre la menace du puissant Empire Ottoman. En 1436, Vlad II est couronné prince de Valachie , capitale princière et s’installe au palais de Tirgoviste.

Après une visite de Vlad II en terre Turque, celui ci confie la garde de ses deux jeunes fils Vlad et Radu , pour respecter les exigences du puissant Sultan qui garantiront une paix durable entre les deux royaumes. jusqu’en 1448, Vlad III restera à la cour du Sultan, tandis que son frère Radu ne partira qu’en 1462. De retour au pays, le jeune Vlad apprend que son père a été tué par son rival, le prince Vladislav II. Mircea son frère ainé , fut quant à lui enterré vif après avoir été torturé par les aristocrates de Tirgoviste. Menant plusieurs campagnes militaires pour reprendre le pouvoir, il est forcé d’abdiquer devant l’assassin de son père, mais lors d’une seconde tentative pour reconquérir son trône, il n’hésite pas à tuer le prince Vladislav II. Poussé par la vengeance, Vlad Tepes fait arrêter tous les nobles soupçonnés d’avoir pris part au coup d’Etat contre son père. Il fait empaler les plus puissants et force les plus jeunes à l’exode vers le bourg de Poenari. Au cours de cette marche de 80 kilomètres, personne n’est autorisé à se reposer, et beaucoup mourront en route. Arrivés à destination, Vlad exige des survivants qu’ils lui érigent une nouvelle forteresse qui surplombera la rivière Arges.

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Vers 1462, des chroniques font état de sa cruauté et de ses méfaits. L’empalement est de mise pour quiconque ose le defier ou celui ne respectant pas la loi, c’est ce qui lui vaudra son surnom Roumain de Tepes qui signifie l’empaleur … Son chateau est le lieu des pires crimes et abominations, dans un souci d’ordre et de respect , il n’hésite pas à torturer, mutilier et à brûler nobles ou mendiants.

Au sommet de son règne, Vlad décide d’une campagne militaire contre les Turcs, ses anciens alliés, installés le long du Danube. Bénéficiant de l’effet de surprise, les troupes de Vlad sortent victorieuses. Mais la victoire est de courte durée, le Sultan Mehmed II envahit la Malachie à la tête d’une armée trois fois supèrieure à celle de l’Empaleur. Arrivé aux portes de la capitale, ils constatent que 20,000 prisonniers turcs sont empalés. Devant cette abomination, le Sultan ne peut convaincre ses hommes à l’attaque, il bat en retraite.

Mais une dernière carte est utilisé par le Sultan, il arrive à convaincre Radu, le frère de Vlad de mener une campagne contre ce dernier.Vlad gagne la Transylvanie pour y rencontrer le nouveau roi de Hongrie, Matthias Corvinus. Mais ce derniere fait mettre Dracula aux arrêts et l’emprisonne à Visegrad.

Vlad passera 12 ans en prison et deviendra bien plus tard le beau frère de son geôlier, il épousera le soeur de Mathias et deviendra à cette fin catholique, d’orthodoxe qu’il était.Ce choix décidera de sa libération en 1476. Il faudra attendre 1476 et la mort de Radu, pour que Vlad puisse reprendre son titre princier et – pour une troisième fois – reprendre son trône. Il retourne en Roumanie où il s’installe cette fois ci à Bucarest . Mais en décembre 1476, lors d’une nouvelle campagne militaire contre les Turcs, Vlad et ses hommes sont attaqué par un contingent de 4000 hommes, il finira assassiner et pour montrer la determination Turque, sa tête sera empalé sur un pieu dans la capitale Turque Constantinople.

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Le vampire

Vendredi 28 décembre 2007

Beaucoup de personnes sont fascinés par les vampires. Mais d’où viennent-ils vraiment? Comment une légende a-t-elle pu créer autant de peur sur nous?

Pour le savoir, il faut revenir en arrière.

Le vampire est une créature chimérique non-morte et non-vivante qui, suivant divers folklores et superstitions populaires, sort du tombeau pour sucer le sang des vivants afin d’en tirer la force vitale. La légende des vampires puise ses origines dans des traditions mythologiques anciennes et l’on retrouve des êtres légendaires dotés de caractéristiques des vampires dans toutes sortes de cultures à travers le monde.

La Bible déjà, par le biais de la nécromancie, fait des allusions aux vampires.

Dans la Grèce antique, les ombres du royaume d’Hadès sont friandes du sang des victimes.

En Crète, selon Pausanias, on enfonçait dans la tête de certains morts un clou.

Dans l’Empire Romain, on trouve la loi Jus Pontificum selon laquelle les corps ne devaient pas être laissés sans sépulture.

Au XIII eme siècles, les vampires étaient censés être si nombreux en Angleterre qu’ils étaient brûlés pour calmer la passion populaire.

On voit apparaître au XVI eme siècle la première grande figure du vampirisme : la comtesse hongroise Erzsébet Bathory.

En Moravie, l’évêque d’Olmütz, devant la multiplication des plaintes des villageois de la région, mit sur pied des commissions d’enquêtes. Le premier cas de vampirisme attaché à un nom et étudié un tant soit peu est celui Mickael Casparek en 1718. Son cas fit l’objet d’une enquête officielle, dans son petit village de Liptov en Hongrie. Malheureusement, très peu de données ont pu parvenir jusqu’à nous.

Le mot « vampire » apparaît pour la première fois en 1725, lorsqu’un rapport présente l’exhumation du récemment mort Peter Plogojowitz un paysan serbe, qui reste encore à ce jour le cas le plus célèbre de vampire historique dans le monde, après celui d’Arnold Paole, soldat et paysan autrichien mort en 1726 et à l’origine de deux épidémies de « vampirisme ».

En janvier 1731, le médecin militaire Johann Flückinger fit l’objet d’un rapport circonstancié, généralement connu sous le titre de Visum et Repertum, qui fut abondamment repris, traduit par Dom Calmet, et fit probablement couler encore plus d’encre que le cas Plogojowitz.

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Elisabeth Bathory est l’exemple historique le plus connu concernant les vampires. Cette aristocrate hongroise du XVIe / XVIIe siècle, aurait tué entre 100 et 600 jeunes filles afin de se baigner dans leur sang. Elle considérait en effet que se baigner dans le sang de jeunes filles pouvait permettre de rester éternellement jeune .

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On pense souvent que Vlad III Draculea dit Tepes(l’Empaleur en roumain), a été un vampire. Bien qu’il ne soit pas fait mention, de manière directe ou indirecte, de Vlad Tepes, nombre de personnes ont alors fait le rapprochement, puis l’amalgame, entre Dracula, le personnage imaginaire de Stoker, et le prince valaque historique du XVe siècle. Les nombreuses reprises littéraire et cinématographique ont fini par faire de Dracula un personnage de la culture populaire mondiale.
De nos jours, le vampirisme se définit plutôt comme une pathologie relevant de la psychiatrie. Le malade se convainc par autosuggestion qu’il lui faut vivre la nuit et boire du sang. Les malades souffrants de porphyrie sont également très sensibles au soleil.

 Caractéristiques et points faibles des vampires:

Dans le premier film s’inspirant du roman, Nosferatu, Murnau n’indique qu’un seul moyen permettant d’éliminer le vampire : une femme au cœur pur doit faire oublier le lever du jour au comte. les vampires possédaient un pouvoir hypnotique leur permettant, notamment, de séduire efficacement les femmes.

Dans son Dracula, Coppola invente de nouvelles règles.

le vampire :

  • se nourrit de sang ;
  • est déjà mort et ne peut-être tué à nouveaux que par des pratiques spéciales : pieu dans le cœur, clou dans la tête, une décapitation ou une crémation (la tradition populaire réclamait les quatre à la fois). Il doit ensuite être enterré à l’angle d’un carrefour (plusieurs variantes) ;
  • est immortel (c’est-à-dire n’est pas soumis à la vieillesse) ;
  • pratique la « mastication ». Dans de nombreuses légendes, le vampire ne se nourrit pas que de sang, mais aussi d’excréments humains et de chair, même de la sienne propre : le vampire pratique en effet l’automastication de sa chair et de ses vêtements ;
  • devient plus puissant avec l’âge, c’est-à-dire qu’il résistera mieux aux lieux saints ou à l’eau bénite par exemple ;
  • a le teint pâle ou une peau d’une blancheur blafarde ;
  • a la faculté de se transformer en animal (animal quelconque ou uniquement loup, chauve-souris selon les auteurs) ou en brume ;
  • est très fort, très rapide, a une excellente vision nocturne;
  • peut être repoussé, blessé par des symboles sacrés (crucifix, eau bénite) ;
  • ne supporte pas la lumière du soleil ;
  • peut lire dans les pensées ;
  • ne se reflète pas dans les miroirs ;
  • ne peut franchir un seuil ou pénétrer dans un bâtiment sans y avoir été invité ;
  • ne peut franchir l’eau courante ;
  • est indisposé par l’odeur de l’ail;
  • a un don pour la séduction dont il se sert pour approcher certaines de ses proies, souvent des femmes.
  • ne doit pas boire le sang et manger la chair d’un humain mort, qui peut leur causer un empoisonnement très grave.

Plusieurs causes parfaitement rationnelles peuvent expliquer de nombreux cas de supposé vampirisme:

la rage : la rage a été comparée au vampirisme par les fortes similitudes dans les symptômes et les comportements de ceux qui en sont atteints :

  • la rage développe un comportement agressif notamment par la morsure et déforme le visage, pouvant laisser apparaitre les dents ;
  • la rage donne un teint pâle à qui en est atteint ;
  • la rage peut être véhiculée par des chauves-souris ;
  • la rage peut entraîner des insomnies donc une forte activité la nuit ;
  • la rage se propage, entre autres par la morsure ;
  • enfin, une épidémie de rage a sévi en Europe de l’Est au moment des premiers récits de vampires ;

l’hyperesthésie : les malades craignent les lumières trop dures (celle du soleil), et les fortes odeurs (celle de l’ail) ;

l’hydrophobie : les malades avancés ont d’insoutenables sensations de brulure en cas de contact avec l’eau (avec l’eau bénite) ;

les insomnies : les malades souffrent d’insomnie (les vampires ne vivent que la nuit).

La lycanthropie

Samedi 15 décembre 2007

Allez je vous offre des informations que j’ai trouvé sur la lycanthropie ^^

( oui oui je suis généreuse ^^ )

La lycanthropie correspond à la légende selon laquelle un homme, suite à la morsure d’un loup ou d’un lycanthrope, se transforme lui-même en loup-garou au cours des pleines lunes suivantes. Le terme désigne aussi une maladie psychiatrique.
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Les origines:

L’origine de cet être fantastique remonte selon certains textes jusqu’au 5ème siècle avant J.-C.
Hérodote en fait mention dans certains de ces écrits. L’église elle même jusqu’au XVII siècle avec l’appui de savants tenaient pour possible la transformation de l’homme en loup, de plus la croyance populaire en matière de monstres a toujours fait perdurer l’existence de ces loups garous.

Cette maladie mentale a été découverte au deuxième siècle après Jésus-Christ par un savant répondant au nom de Marcellus Sidetes. Du mot grec lukanthropos (homme loup), cette maladie étrange peut frapper n’importe qui, comme n’importe quelle autre maladie mentale (comme l’hémosexualité pour les vampires).

Qu’est-ce qu’un loup-garou?

loup-garou-06.jpg Les Loups-garous causaient une frayeur bien plus grande que les loups véritables. C’étaient des hommes condamnés à errer la nuit sous la forme d’un loup. On pensait que cette malédiction frappait les criminels livrés au diable ou ayant pactisés de leur plein gré avec lui.
Selon la légende, lors des nuits de pleine lune, l’humain loup-garou, se transforme en un loup énorme avec des sens sur-développés et acquiert les caractères attribués à cet animal : puissance musculaire, agilité, ruse et férocité. Il chasse et attaque sans merci ses victimes pour les dévorer, ne contrôlant plus ses faits et gestes, et pouvant tuer de nombreuses victimes en une seule nuit.
L’homme atteint de lycanthropie doit généralement ôter ses vêtements avant de prendre la forme du loup-garou. Cette croyance apparaît déjà dans le Satyricon de Pétrone (Ier siècle). De même, dans le « Lai de Bisclavret » de Marie de France (XIIe s.), un chevalier doit se déshabiller entièrement avant de se métamorphoser et dissimule ses vêtements sous une pierre creuse car, s’il ne les retrouvait pas, il serait condamné à errer indéfiniment sous la forme d’un loup.


Qu’est-ce que la lycanthropie?


loup-garou.jpg Malheureusement il existait aussi des gens atteints d’une forme de folie particulière appelée « Lycanthropie » ou « Folie Louvière » : victimes d’hallucinations provoquées en général par la faim, ils se prenaient pour des loups et étaient sujet à des crises de furie dangereuse. Ainsi la réalité et la fiction se combinèrent-elles pour donner naissance à ces légendes.
Pourtant, même s’il est vrai que les victimes de l’Europe médiévale ne se transformaient en rien en loup les soirs de pleine lune, elles souffraient du véritable mal du loup-garou : la lycanthropie.

Cette maladie mentale a été découverte au deuxième siècle après Jésus-Christ par un savant répondant au nom de Marcellus Sidetes. Du mot grec lukanthropos (homme loup), cette maladie étrange peut frapper n’importe qui, comme n’importe quelle autre maladie mentale (comme l’hémosexualité pour les vampires).
Le lycanthrope pense véritablement pouvoir devenir un loup, et quand le délire va trop loin, il agit comme tel : il déchiquette sa viande, prenant ses dents pour des crocs, pousse des hurlements canins (surtout en période de pleine lune)et va même jusqu’à attaquer n’importe qui, répondant alors à une pulsion sanguinaire incontrôlable.

Les plus connus.

Le cas de lycanthropie le plus intéressant est celui d’Arline de Barioux. Son procès a eu lieu en 1588, à Riom, en France. Arline de Barioux, épouse de Nicolas Barioux, vit une vie paisible et agréable dans les montagnes du Cantal. Son mari l’adore, elle est jolie et pleine de douceur et de générosité. Tous les vendredis après-midi, elle a l’habitude de quitter le logis familial pour aller nourrir les pauvres. En fait, tous les vendredis après-midi, elle se rend à la forêt, se change en loup et dévore les enfants. Mais un vendredi du printemps 1588, Roger Griffoul, le chasseur du coin, revient bredouille de sa quête. Il voit alors surgir vers lui un énorme loup enragé. Il tire sur lui mais sans succès. Pour se défendre, il saisit son couteau de chasse. Un combat a lieu entre le loup et l’homme. Griffoul réussit à couper la patte droite du loup. L’animal abandonne le combat et s’enfuit.

Peu après, Nicolas Barioux rencontre le chasseur sur la route. Il est estomaqué. Le chasseur lui montre une main de femme en lui disant : “Je me suis battu avec un loup, je lui ai coupé la patte et voilà ce que je rapporte!” Nicolas reconnaît la bague au doigt de la main sanglante. Il s’agit de la bague de sa femme. Arline de Barioux revient chez elle en fin de journée et tente tant bien que mal de cacher sa main coupée à son époux. Mais comme celui-ci aperçoit sa blessure, il lui exige des aveux. Elle avoue tout. Oui, tous les vendredis, elle se change en loup et dévore des enfants.

Nicolas Barioux livre sa femme à la justice. Elle eut droit à un procès qui passionna les foules de l’époque. Elle fut brûlée le 12 juillet 1588 sur la grand-place de Riom.

En France, en 1521, trois hommes accusés de lycanthropie sont brûlés vifs à Besançon. En 1573, Gilles Garnier, accusé de lycanthropie et ayant avoué sa faute est brûlé vif sur un bûcher. En 1578, Jacques Rollet, accusé de lycanthropie par le Parlement de Paris, est brûlé vif. En 1804, un nommé Maréchal, accusé de lycanthropie, est condamné aux galères (à cette époque, on ne brûle plus).

En 1975, un jeune anglais de 17 ans, se croyait sur le point de se transformer en loup-garou. Pour mettre un terme à ses souffrances morales, il se plongea un couteau dans le cœur.

Cette triste histoire montre que le mythe du loup-garou a toujours de l’emprise sur les esprits faibles ou malades.